Moi, je me souviens que ma grand-mère avait un jardin et tout était un rendez-vous.

« Quand on voit tous ces produits qu’on trouve sur les marchés en hiver, c’est honteux. Cet hiver, j’étais allé me balader sur les marchés parisiens pour voir ce que le consommateur pouvait acheter. En regardant dans les cabas, je me suis aperçu qu’alors qu’il faisait -5°C, il y avait des tomates, des concombres, des fraises, des cerises, des melons… Cela veut dire qu’en plein hiver, le consommateur se désaltère… Au lieu de se réchauffer l’organisme avec une soupe! Parce qu’à cette époque de l’année, la nature a mis dans le sol des racines: panais, céleri-rave, topinambour, rutabaga, salsifis, raifort… Un bon velouté de panais, un gratin de céleri, quelque chose de chaud.

Je ne suis pas médecin mais on voit bien qu’il y a de plus en plus d’intolérance. Il y a 30 ans, on avait de temps en temps une allergie, maintenant c’est tous les jours. Mais quelle histoire peuvent raconter ces marchands de légumes hors-sol? Il n’y a pas d’histoire. La nature n’a jamais écrit qu’il y avait des tomates ou des concombres dans un jardin en hiver et encore moins des aubergines et des courgettes. Il faut retrouver cette notion de saison. »

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